Cantos y Santos – Le synopsis

                                                                                                          

Trois années durant, nous nous sommes immergés dans la ferveur sévillanne de la Semaine Sainte.

Trois années pour rassembler des images et des enregistrements au plus près de l’émotion, de la vibration.

Il en résulte ce film surprenant, baroque, qui illustre une lecture de l’Évangile de Jean, un poème d’images porté par la musique, le chant et les sons,
« tout ce qui doit ravir l’esprit et les sens » disait Delacroix.

 

 

           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Bas de page



La Passion du Christ selon l’Évangile de Jean, telle qu’elle est vécue à Séville en Andalousie, pendant la Semaine Sainte.

Chaque année, à date et à heure fixes, c’est tout un peuple qui s’élance dans les rues et sur les places, pour suivre les Christs et les Vierges en processions, pour être ému face à leur grandeur et affligé face à leur douleur, pour les prier, les adorer, les acclamer. A Séville pendant la Semaine Sainte, esthétisme et  beauté y sont portés à leur plus haut niveau.

 

Immersion dans la musique, le chant, la poésie, les ambiances, la beauté        

 

  • La musique jouée par ces orchestres, les bandas, accompagne chaque Christ et chaque Vierge en procession.
    Les bandas de musique sont composées de musiciens de très haut niveau, capables de produire des symphonies de très grande qualité, de jouer des marches d’une infinie tristesse.
  • Le chant, la saeta, est un cri d’amour et de douleur adressé au Christ ou à la Vierge.
    La saeta jaillit d’un balcon ou de la foule à n’importe quel moment de la procession. Chant profond, puissant et doux, la saeta s’élève, envahit l’espace, pénètre la peau, émeut jusqu’au plus profond de l’être, jusqu’au vertige.
    Les textes chantés, les coplas, sont de courts poèmes, « miniatures enluminées », ciselées, éclatantes, souvent anonymes.

 Les larmes de Marie
   sont noires de peine,
 celles de son Fils
    sont pleines de lumière.

 

  • L’Évangile de Jean, sa puissance poétique, sa dramaturgie, déroule avec éclat la Passion, révèle et transmet le Mystère. 

La musique, le chant, la poésie, ne sont pas décoratifs, mais bien créatifs, ils participent à la liturgie, au grand souffle qui soulève tristesse, joie, émotion, enthousiasme…

 

La Semaine Sainte de Séville dure huit jours, du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques.

        
La ville résonne alors des pas des costaleros, les porteurs des pasos, des cris des capataz et des coups du martillo sur les pasos.

 

  • Les pasos sont de lourdes structures de bois, sortes d’autels richement décorés d’or, d’argent, de fleurs, de cierges, de candélabres, et pouvant peser jusqu’à trois tonnes. Ils  portent les Christs, et les représentations de la Passion, et les Vierges. Les pasos sont portés par des porteurs, les costaleros.
  • Les costaleros portent le paso, jusqu’à soixante kilos, sur la nuque, et ils avancent en rythme parfait avec la musique jouée  par les bandas qui accompagnent chaque Christ et chaque Vierge. Ils balancent les Christs et les  Vierges, on dit qu’ils font danser les Christs et les Vierges, un moment de grande émotion. La foule silencieuse, dans  un même élan,  applaudit pour manifester sa ferveur, sa joie, son enthousiasme, devant tant de beauté, le tout baigné du plus profond respect.
    Les costaleros sont aveugles sous le paso, car le paso est entouré de la « jupe », lourd tissu parfois richement brodé, qui tombe jusqu’au sol. Au moment de la sortie et de la rentrée des églises, et pour cheminer le long des rues souvent très étroites de Séville, ils sont guidés par les capataz.
  • Les capataz devant les pasos guident et donnent le rythme aux costaleros. Ils encouragent les costaleros, et  ils donnent les ordres de levée et de pose du paso, à l’aide du martillo fixé sur le rebord du paso.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Au-dessus de la foule compacte et silencieuse,
le lourd vaisseau glisse, flotte, et danse,
au rythme des marches d’une immense et profonde tristesse.

 

 

 

A Séville pendant la Semaine Sainte, la foi se vit avec le corps, avec les sens, avec le cœur. C’est une foi populaire, intense, authentique. Il y a partage, il y a participation.
Il ne faut pas parler, idolâtrie, car il y a communion à la douleur du Christ ; il ne faut pas parler, folklore, car il s’agit bien d’un rituel, cette parole gestuelle communautaire. Cette fête ne représente pas, elle signifie, elle donne sens.

 

 Tes clous
    sont trois œillets écarlates,
et devant eux
le monde entier s’arrête
   et s’agenouille.

 Un film de 120 mn